18,8% de parts de marché pour l'électrique en Europe : ce que révèlent les chiffres de février 2026

Par Rédaction 5 min de lecture
18,8% de parts de marché pour l'électrique en Europe : ce que révèlent les chiffres de février 2026

Après un mois de janvier difficile, le marché automobile européen montre des signes de reprise. Selon les données publiées par l'Association des Constructeurs Européens d'Automobiles (ACEA), les immatriculations de voitures neuves en Europe (UE + Royaume-Uni + AELE) ont progressé de 1,7 % en février 2026, pour atteindre près de 979 321 unités .

Derrière cette reprise modeste se cache une transformation profonde du paysage automobile européen. L'électrification s'accélère, les motorisations thermiques s'effondrent, et la concurrence chinoise bouscule les équilibres établis. Décryptage des chiffres qui dessinent l'avenir de la mobilité en Europe.

L'électrique franchit un nouveau cap : 18,8 % de parts de marché

Des chiffres en forte progression

Sur les deux premiers mois de 2026, 312 369 véhicules 100 % électriques ont été immatriculés dans l'Union européenne, soit une progression de 22 % par rapport à la même période en 2025 . Cette dynamique porte la part de marché des véhicules électriques à 18,8 % sur janvier-février 2026, contre 15,2 % un an plus tôt .

Mais ce chiffre mérite d'être affiné. En février seul, la part de marché des électriques atteint même 19,5 % , avec 190 683 unités livrées en Europe (UE, EFTA et Royaume-Uni confondus), soit une hausse de 15,8 % par rapport à février 2025 .

Une croissance qui cache des disparités nationales

Derrière cette moyenne européenne se cachent des réalités nationales très contrastées. Les quatre principaux marchés de l'UE, qui représentent 61 % des immatriculations électriques, affichent des performances divergentes :

Pays

Évolution des ventes VE (janv-fév 2026)

Part de marché VE

France

+38,5 %

26,8 % en février seul

Allemagne

+26,3 %

88 967 unités (leader européen)

Belgique

-11 %

Pays-Bas

-34,9 %

La France se distingue particulièrement : en février 2026, 32 370 véhicules électriques ont été immatriculés, soit 27,8 % de hausse , portant la part de marché de l'électrique à 26,8 % dans l'Hexagone . Une performance qui place la France à la deuxième place des marchés électriques européens, derrière l'Allemagne (46 275 unités en février, +28,7 %) .

Les champions de l'électrique en Europe

Certains pays affichent des taux d'adoption spectaculaires :

  • Norvège : 98 % de parts de marché pour l'électrique

  • Danemark : 81,6 %

  • Finlande : 44,2 %

  • Suède : 39,6 %

  • Pays-Bas : 30,4 %

À l'inverse, plusieurs pays restent à la traîne : l'Italie (5 %), la Roumanie (6,1 %), l'Espagne (6,8 %) ou encore la Lituanie (4 %) peinent encore à décoller . Ces écarts illustrent l'importance des politiques publiques et des incitations financières dans l'adoption du véhicule électrique.

L'hybride, moteur silencieux de la transition

Les hybrides simples dominent toujours le marché

Si l'électrique fait la une, ce sont les hybrides non rechargeables (HEV) qui restent la motorisation préférée des Européens. Avec 643 898 immatriculations sur les deux premiers mois de 2026, les HEV captent 38,7 % du marché européen .

Leur progression est particulièrement marquée dans les pays où l'électrique peine encore à s'imposer :

  • Italie : +29,5 %

  • Espagne : +13,4 %

  • Allemagne : +1,1 % (stabilisation)

En revanche, en France, où l'électrique progresse fortement, les immatriculations de HEV reculent de 3,9 % .

Les hybrides rechargeables en plein essor

Autre surprise du début d'année 2026 : le retour en force des hybrides rechargeables (PHEV) . Après une période de relative stagnation, leurs immatriculations bondissent de 30,2 % sur un an, pour atteindre 162 751 unités et 9,8 % de parts de marché (contre 7,4 % en 2025) .

Cette progression est particulièrement spectaculaire dans certains pays :

Pays

Évolution des ventes PHEV (janv-fév 2026)

Italie

+116,1 %

Espagne

+71,5 %

Allemagne

+23,8 %

France

+1,5 % (stabilité)

67 % de véhicules électrifiés

Au total, si l'on additionne les véhicules 100 % électriques (BEV), les hybrides rechargeables (PHEV) et les hybrides simples (HEV), les motorisations électrifiées représentent désormais 67 % des immatriculations en Europe . Un basculement majeur qui confirme que la transition est désormais bien engagée.

Les motorisations thermiques s'effondrent

L'essence en chute libre

La contrepartie de cette électrification est la chute brutale des motorisations traditionnelles. Les ventes de voitures essence ont dégringolé de 23,3 % sur les deux premiers mois de 2026, pour tomber à 374 774 unités .

La France enregistre la baisse la plus spectaculaire avec -48,5 % (33 532 unités contre 65 084 un an plus tôt). L'Allemagne suit avec -22,8 % , l'Espagne -20,8 % et l'Italie -18,6 % .

Résultat : la part de marché de l'essence s'effondre, passant de 29 % en 2025 à 22,5 % en 2026 .

Le diesel réduit à la portion congrue

Longtemps motorisation reine en Europe, le diesel n'est plus qu'un souvenir. Sur janvier-février 2026, seuls 134 822 véhicules diesel ont été immatriculés, soit une chute de 17,7 % . Sa part de marché tombe à 8,1 % , contre 10,7 % un an plus tôt .

Là encore, la France mène la danse avec -51,2 % d'immatriculations diesel (5 619 unités seulement). La Belgique (-42,8 %), la Roumanie (-40,7 %) et l'Espagne (-28,8 %) suivent le mouvement .

La bataille des constructeurs : Stellantis reprend des couleurs, Renault souffre

Un marché européen en léger repli

Sur les deux premiers mois de 2026, les immatriculations totales dans l'Union européenne reculent de 1,2 % par rapport à la même période en 2025, à 1,94 million de véhicules . Une tendance qui confirme un début d'année morose pour le secteur.

Les gagnants : Stellantis et les constructeurs chinois

Stellantis tire son épingle du jeu. Le groupe franco-italo-américain voit sa part de marché progresser de 1,8 point pour atteindre 18,3 % , avec des ventes en hausse de 9,8 % (304 251 unités) . Une performance que le groupe n'avait pas enregistrée depuis longtemps, portée par le succès des "smart cars" (Citroën C3, Fiat Grande Panda, Opel Frontera) .

Les constructeurs chinois continuent également leur percée :

  • BYD : 29 291 immatriculations, +179,2 %

  • SAIC (MG) : 32 214 unités, +6,6 %

Selon les données de février, BYD et SAIC ont même dépassé Tesla en volume, avec 40 314 véhicules vendus à eux deux, soit environ 4 % du marché européen .

Les perdants : Renault et Toyota

Renault enregistre la plus forte baisse parmi les grands constructeurs historiques. Avec 161 262 véhicules immatriculés sur les deux premiers mois de 2026, le groupe recule de 16,1 % et voit sa part de marché chuter de 1,7 point à 9,7 % . Le groupe est lesté par sa marque "low-cost" Dacia, dont les volumes se sont effondrés de 30,9 % .

Toyota n'est pas en reste, avec un recul de 7,7 % (126 354 unités) .

Tesla connaît quant à elle une situation contrastée. Sur les deux premiers mois de 2026, ses ventes stagnent (+0,9 %) avec 25 753 unités, tandis que BYD affiche une croissance insolente de 162 % . Le Model Y reste toutefois le modèle électrique le plus vendu en France en février, avec 3 034 exemplaires .

Pourquoi l'électrique progresse-t-elle si vite ?

Des modèles plus accessibles

L'essor de l'électrique s'explique d'abord par l'arrivée de modèles plus abordables. Des véhicules comme la Renault 5 électrique, le Skoda Elroq ou encore la Leapmotor T03 participent directement à cette démocratisation . Longtemps positionnées sur des segments premium, les voitures électriques investissent désormais le cœur du marché avec des citadines et des compactes affichées à des tarifs sous la barre des 25 000 euros .

Des aides publiques toujours déterminantes

Les politiques publiques restent un levier essentiel. En Allemagne, les ventes de véhicules électriques ont bondi de 27 % grâce à de nouvelles aides ciblant les ménages modestes et intermédiaires . En France, le leasing social a permis à des ménages modestes d'accéder à des électriques neuves à des loyers attractifs, expliquant en partie la hausse de 38,5 % des immatriculations .

Une offre qui s'élargit

Les constructeurs européens accélèrent leur transformation. Volkswagen, Skoda ou Cupra prévoient de lancer des modèles électriques autour de 25 000 euros, tandis que Renault annonce que plus de la moitié de ses 22 nouveaux modèles d'ici 2030 seront électriques .

Les défis à venir

Une reprise fragile dans un contexte incertain

Malgré cette dynamique, le marché européen reste fragile. Le conflit au Moyen-Orient, notamment la guerre en Iran, fait planer des incertitudes économiques. Une hausse de l'inflation ou des taux d'intérêt pourrait freiner les achats, en particulier pour des biens coûteux comme les voitures. Selon certaines projections, les ventes automobiles en Europe pourraient même reculer de 4 % en 2026 en cas de conflit prolongé, alors qu'une croissance de 2 % était initialement attendue .

Une dépendance aux aides publiques

La croissance de l'électrique reste très dépendante des politiques publiques. Les disparités entre pays européens (de 98 % en Norvège à 5 % en Italie) illustrent l'importance des incitations financières. La question de la soutenabilité de ces aides à long terme se pose avec acuité.

Une concurrence chinoise qui s'intensifie

Avec des marques comme BYD, MG ou Leapmotor qui gagnent rapidement des parts de marché, la concurrence s'intensifie. La Commission européenne réfléchit d'ailleurs à un futur "bonus électrique" réservé aux véhicules "made in Europe" pour protéger la filière .

Conclusion : un basculement irréversible ?

Les chiffres de février 2026 confirment une tendance de fond : le marché automobile européen a basculé. Avec 67 % de véhicules électrifiés, 18,8 % de 100 % électriques et une chute des thermiques à 30,6 % du marché, la transition est désormais bien engagée.

Ce qu'il faut retenir :

  1. L'électrique franchit un nouveau cap : 18,8 % de parts de marché sur janvier-février 2026, contre 15,2 % un an plus tôt .

  2. Les hybrides dominent toujours : 38,7 % du marché, devant les thermiques .

  3. Les hybrides rechargeables font leur retour : +30,2 % de ventes, 9,8 % de parts de marché .

  4. Les thermiques s'effondrent : essence -23,3 %, diesel -17,7 %, leur part combinée tombe à 30,6 % .

  5. Des disparités nationales fortes : la France et l'Allemagne progressent fortement (+38,5 % et +26,3 %), tandis que la Belgique et les Pays-Bas reculent .

  6. Stellantis reprend des couleurs : +9,8 % de ventes, 18,3 % de parts de marché .

  7. La concurrence chinoise s'intensifie : BYD explose de 179,2 %, dépassant Tesla en volume .

L'année 2026 s'annonce comme une phase charnière pour le marché automobile européen. Entre transition industrielle, pression sur les coûts et recomposition concurrentielle, les prochains mois seront déterminants pour confirmer — ou non — le retour à une dynamique de croissance durable .

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